| Défense et illustration de la collection thématique (2) |
| Un article de Gérard Hutteau |
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Après la prise de Anse au Foulon par les
troupes anglaises, la défaite française
marque la fin de la fameuse bataille dite
des « Plaines d'Abraham » (Canada 315).
C'en est fini de la Nouvelle France. Le point final est le traité de Paris de 1763. Les troupes anglaises sont commandées par le général Wolfe et les troupes françaises par le Marquis de Montcalm. Ils ne connurent ni la défaite ni la victoire tués tous les deux pendant la bataille par un boulet de canon (pas le même). Pour cette raison, problablement, ils figurent ensemble sur un timbre canadien. Il est acquis que pendant ce combat, les troupes anglaises furent beaucoup plus nombreuses que les secours envoyés par la France. Ces secours se composent de huit bataillons et les trois quart des effectifs seront tués au combat. Depuis, la communauté francophone abandonnée reste soudée et unie. Quel est son avenir? Probablement une autonomie plus grande au sein de la Confédération. L'époque est à la décentralisation et la structure même de la Constitution canadienne s'y prête bien. On peut toutefois noter que les Québéquois ne sont pas tous francophones et que parmi ceux qui le sont il y a de nombreux descendants des huguenots qui ont fui les persécutions françaises avant l'Edit de Nantes et après la révocation de cet Edit. Ils ne sont peut-être pas acquis à un Québec libre lié à la France par un ensemble de relations encore mal définies. Il ne faut jamais oublier que les batailles de cette région du monde sont une réplique des guerres de religions : Réformés contre Papistes (dans le langage de l'époque). Il ne reste plus maintenant qu'à établir la liste la plus complète possible de tous les timbres, en général canadiens, liés à cette époque : sites célèbres et personnages connus. Chaque timbre accompagné d'un texte de quelques lignes seulement permet de monter une collection thématique tout à fait présentable. Je ne développerai pas cette liste, le but de cet article n'est pas de décrire une collection qui reste à faire et que je ferai peut-être, mais de montrer la démarche que j'ai choisie dans le cadre de la recherche de thèmes originaux. Une collection thématique n'est jamais terminée, il reste donc à proposer quelques axes de recherche même si certains n'ont pas encore permis une référence philatélique. Pour en revenir au Canada, en premier lieu, il faut parler de l'Acadie et de la Gaspésie. Il s'agit de deux colonies fondées par Pierre de Mons, originaire de Royan, qui se situaient au sud du Saint-Laurent. La population française de ces colonies fut massacrée dans des conditions horribles digne d'Oradour sur Glane. S'il reste quelques descendants sur place ils doivent se situer dans la région d'Halifax. Finalement ces colonies furent cédées à l'Angleterre par le traité d'Utrecht en 1763. Même leur nom a disparu puisqu'elles forment aujourd'hui la Nouvelle Ecosse et une partie du nouveau Brunswick intégré à la Confédération canadienne. Les survivants ayant fui ces colonies ont erré le long de la côte Est de ce qui sera les USA, c'est-à-dire les 13 colonies anglaises. Arrivés trop tôt pour participer éventuellement à la guerre d'indépendance, ils ont été refoulés en France. Leurs descendants peuplent Belle Ile et les côtes de l'Aunis. D'autres ont suivi le cours du Mississipi jusqu'au golfe du Mexique et ont laissé des traces dans ce qui est actuellement l'état de Louisiane. Je n'ai à proposer que le timbre canadien n° 154, mais peut-être ai-je mal cherché? Curieusement l'Acadie est appelée « ancienne province ». Un vaste sujet est celui des relations de la Nouvelle France avec les tribus indiennes Nord-Américaines (native people en politiquement correct). Il y a matière à recherche. Il existe une littérature canadienne très abondante sur le rôle des missionnaires chargés de convertir ces tribus avec des résultats parfois heureux et parfois très dramatiques. Les martyrs de la foi (papistes et réformés) est un thème important de l'histoire de la Nouvelle France. Là encore mes recherches ont été vaines, mais là aussi elles ont été probablement trop sommaires. Puisqu'un vent de liberté souffle sur la philatélie je propose pour illustrer ce propos une reproduction d'un tableau d'un tableau d'Eugène Leiièvre peintre officiel de l'armée, représentant une patrouille franco-canadienne autour du Fort de Détroit en 1740. Un troisième sujet beaucoup plus facile à traiter philatéliquement est celui du gouverneur Champlain. C'est le grand homme de Brouage. Brouage, cité fortifié, était à l'époque des guerre de religions la base arrière des forces royales attaquant La Rochelle, cité protestante dont le siège a été conduit par Richelieu. Il reste de sa splendeur d'autrefois des remparts, des magasins aux vivres, aux stockage des armes, des casernements dans un état de conservation acceptable. Par ailleurs Brouage est également célèbre grâce aux aventures juvéniles de Louis XIV avec Marie Mancini nièce de Mazarin interrompues brusquement pour «raison d'état ». Enfin, pour terminer, si on souhaite élargir un peu le sujet, on peut se référer à un excellent article de Timbres Magazine d'avril 2001 intitulé : « Cap au nord-est - Les explorateurs timbrifiés qui ont laissé leur nom à l'histoire ». Ce n'est pas limité au monde francophone mais on y retrouve évidemment Jacques Cartier, mais également Cavelier de la Salle, Pierre Gaultier de la Varendry, Etienne Brûlé, Champlain pour ne citer que les Français. On termine toujours ce genre d'article par des regrets, ils sont brefs, il manque à la philatélie française le marquis de Montcalm et Pierre de Monts. En conclusion, il apparaît que les objectifs qui étaient fixés ont été atteints : imaginer un loisir à la fois plaisant et non futile et accroître les connaissances dans un domaine nouveau (tout au moins pour moi) .A ce stade la collection est encore virtuelle, les briques de construction sont là mais tout reste à faire. Si certains ne sont pas familiarisés avec l'histoire de Jeanne Manse et avec la bataille des plaines d'Abraham, qu'ils n'aient pas de complexes. J'avoue n'avoir jamais entendu ces noms avant mes quelques recherches, mes connaissances se limitaient à Jacques Cartier et Champlain et j'aurais été incapable d'écrire plus de trois lignes sur ce sujet. Alors jouons encore un peu avec les dés et même pour aller plus vite passons au 421. 421 - Paul Cézanne 1421 - Gerbert devenu le pape Sylvestre II 2421 - Statue de la Liberté à New York 3421 - Toulouse Lautrec C'est un jeu sans fin, alors si cela vous séduit, bon courage. |